"” Des logements résilients dans un contexte de risques en mutation : une table ronde à Genève à l’occasion de la Journée internationale pour la prévention des catastrophes » a réuni des maires, des représentants des collectivités locales, régionales et nationales, ainsi que des experts internationaux, afin de discuter des meilleures pratiques, des défis à relever et des solutions innovantes pour construire des logements résilients. Cette table ronde, organisée en marge de la 6th Forum des maires de l'ONU, le 14 octobre, a été co-organisé par l'UNDRR, la CEE-ONU, le PNUD, ONU-Habitat et le Global Cities Hub.
Pour les maires et les représentants municipaux, ce débat revêt une importance particulière, car les villes assument de nombreuses responsabilités liées au logement résilient : elles veillent au respect des normes de construction, élaborent des plans d’aménagement du territoire et transposent les politiques nationales au niveau local. Cependant, lorsqu’il s’agit de construire des logements résilients, les villes et les régions sont souvent limitées par le soutien financier et technique qu’elles peuvent (ou ne peuvent pas) obtenir des acteurs nationaux et internationaux. Cet événement a mis en évidence l’importance de la Genève internationale en tant que plateforme où les acteurs locaux, nationaux et internationaux peuvent échanger leurs points de vue sur ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et sur la manière d’améliorer la mise en œuvre.
M. Raf Tuts, directeur de la Division des solutions mondiales d’ONU-Habitat, a rappelé à l’ensemble des participants, lors de son allocution d’ouverture, que l’absence de solutions de logement sûres “ ne laisse d’autre choix que de s’adapter à des conditions de logement dangereuses et risquées ”.
Son Excellence M. Adil Karaismailoğlu, membre de la Grande Assemblée nationale de Turquie, a évoqué les efforts de reconstruction menés par la Turquie à la suite de catastrophes et a souligné la nécessité de moderniser la réglementation en matière de logement afin de renforcer la résilience avant même que les catastrophes ne se produisent.
Mme Karina Delfino, maire de Quinta Normal (Chili), a mis l’accent sur les inégalités, qu’elle considère comme un facteur clé de vulnérabilité, car aucune mesure d’atténuation des risques n’est prise lorsque les personnes s’installent dans des logements informels. Elle a souligné la collaboration entre les partenaires locaux, nationaux et internationaux qui a permis, grâce à des financements et à un soutien technique, de transformer les quartiers informels en logements résilients.
M. Anwar Ali, maire de Larkana (Pakistan), a réaffirmé la nécessité de proposer des solutions de logement sûres pour remplacer les habitations informelles et non résistantes. Il a également souligné que, grâce à une coopération à plusieurs niveaux avec les autorités régionales et nationales, la ville avait pu construire de nouveaux logements plus sûrs à la suite des inondations de 2022 qui ont frappé la région.
Pour M. Hing Phorpminea, maire de Kampong Chhnang (Cambodge), a permis à la ville, grâce à une collaboration avec un large éventail de partenaires, notamment le secteur privé et des organisations internationales telles que la Banque asiatique de développement, de construire de nouveaux logements intégrant des dispositifs de protection contre les inondations. Il a souligné que la résilience en matière de logement ne se résume pas à la simple construction de logements, mais consiste également à créer des emplois et à offrir des « tiers-lieux » (espaces communautaires, lieux de loisirs, etc.) à la population.
Pour conclure les interventions, M. Curt Garrigan (CESAP) a souligné le décalage qui existe parfois entre les Objectifs de développement durable (ODD) aux niveaux local, national et mondial : un indicateur des ODD qui, au niveau mondial, semble en bonne voie d’être atteint, peut présenter des niveaux de réalisation très différents au niveau local. C’est pourquoi la mise en œuvre des ODD au niveau local revêt une importance capitale !
La résilience en matière de logement implique d’adopter une approche globale pour construire des communautés capables d’offrir des logements, des emplois et des « espaces tiers » intégrant d’emblée des mesures de prévention et d’atténuation des risques de catastrophe. La coopération à plusieurs niveaux reste essentielle pour mettre en place des logements résilients, notamment en débloquant des financements pour des projets au niveau local et en veillant à ce que les réglementations en matière d’urbanisme et de construction ne prennent pas de retard.
Le Global Cities Hub reste déterminé à faire en sorte que les acteurs locaux, nationaux et internationaux puissent se mobiliser pour concevoir, financer et mettre en œuvre des villes résilientes, en tenant compte des besoins des communautés et du contexte local. De ce point de vue, Genève offre un cadre unique où la coopération à plusieurs niveaux peut déboucher sur des solutions concrètes pour un logement plus résilient à l'échelle mondiale.
