Le 29 octobre 2026, des représentants des collectivités locales et régionales (CLR) se sont réunis pour un débat ouvert sur leur engagement en matière de solidarité internationale, en mettant l’accent sur l’action humanitaire. Le Global Cities Hub sert de plateforme visant à faciliter les échanges entre les CLR sur les différentes dimensions de l’aide subnationale.
Si l'aide publique est bien documentée, l'aide des collectivités territoriales reste quant à elle peu étudiée, en particulier dans sa dimension multilatérale. Des représentants de villes et de régions du Canada, d'Espagne, de Suisse et du Royaume-Uni ont fait part de leurs expériences et ont suscité un débat animé sur les défis à relever.
Les contributions des collectivités territoriales à la coopération au développement et à l'aide humanitaire ont considérablement augmenté au fil des ans dans certaines villes et régions. Des exemples montrent que certaines d'entre elles ont atteint l'objectif de 0,71 TP3T pendant plusieurs années, surpassant ainsi leurs gouvernements nationaux respectifs. Cependant, l'augmentation des moyens s'accompagne parfois de nouveaux défis, notamment le manque de capacités au sein de leurs administrations.
La discussion a révélé que les fondements de l’aide varient considérablement, allant d’un cadre juridique bien établi (même s’il laisse place à des ambiguïtés dans sa mise en œuvre) à des décisions politiques ponctuelles répondant à la nécessité de débloquer rapidement des fonds dans des situations de crise. Les critères d’allocation diffèrent tout autant : certaines villes et régions s’efforcent activement de trouver un équilibre entre les crises soudaines et les crises prolongées ou “ oubliées ”, tandis que d’autres sont guidées par des décisions politiques. Dans l’ensemble, il a été souligné que les collectivités territoriales doivent développer une approche plus stratégique du financement humanitaire plutôt que de réagir au cas par cas.
En ce qui concerne les canaux de distribution : certaines villes ou régions accordent un financement direct aux entités des Nations unies, tandis que la plupart financent leurs ONG locales ou régionales. Le recours privilégié au financement local a été mis en avant comme un moyen de soutenir les acteurs disposant d'une solide connaissance du terrain.
Il existe de nombreuses modalités de financement, allant du financement de base au financement affecté de manière souple ou stricte à des programmes spécifiques. Les fonds communs (placés sous l’égide des Nations unies ou d’autres entités, tels que le fonds START) sont utilisés ou de plus en plus envisagés comme une option permettant d’apporter un financement humanitaire de manière efficace. En ce qui concerne les entités des Nations unies, le financement peut être acheminé par l’intermédiaire des comités nationaux d’organisations internationales, lorsqu’ils existent. Une certaine réticence persiste toutefois à l’égard de l’aide en espèces, bien qu’elle soit largement reconnue comme une forme d’aide humanitaire efficace et respectueuse de la dignité, permettant aux bénéficiaires de choisir ce dont ils ont le plus besoin.
Il était intéressant d'apprendre que pratiquement aucune ville ni région ne coordonne son financement humanitaire avec les instances nationales, même si une coordination aux niveaux infranationaux existe dans certains cas.
La discussion a mis en évidence des défis communs, notamment la nécessité d’adopter une réflexion stratégique allant au-delà du simple transfert de fonds, et de gérer des budgets en augmentation sans pour autant sacrifier la souplesse de mise en œuvre. Le Global Cities Hub continuera à soutenir cet échange informel, conscient des avantages mutuels qu’il procure aux villes et régions donatrices. Vous souhaitez participer à la discussion ? Contactez-nous !
📸 Salah Darwish sur Unsplash
