Le lundi 31 août, le Global Cities Hub a participé à la premier Dialogue de Genève sur la prévention des catastrophes, co-organisé par l'UNDRR et la Mission permanente du Japon à Genève.
La nouvelle série « Dialogue » vise à tirer parti de la riche expertise de la Genève internationale, en réunissant des États membres, des acteurs des Nations unies, des professionnels, des universitaires et des experts techniques afin d’échanger des expériences et d’identifier des solutions pour renforcer la prévention des catastrophes et la résilience. Sa première session s’est concentrée sur un défi particulièrement tenace : comment réaliser “Reconstruire en mieux” une réalité. Le défi est de taille. « Build Back Better » est actuellement la moins avancée des quatre priorités du Cadre de Sendai, la reprise des activités étant trop souvent improvisée au lendemain d'une catastrophe.
Comme l'a souligné Kamal Kishore, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe, trois éléments sont essentiels :
🔹Institutions : mettre en place les dispositions juridiques et institutionnelles nécessaires à la reprise des activités avant qu'une catastrophe ne survienne.
🔹Finances : mettre en place à l'avance des mécanismes de financement de la relance, en s'appuyant, dans la mesure du possible, sur plusieurs sources.
🔹Personnes : placer les communautés au cœur de la relance et saisir l'occasion offerte par la reconstruction pour bâtir des sociétés plus résilientes, plus équitables et plus inclusives.
Les échanges ont également mis en évidence la diversité et la complexité du défi à relever, les États membres ayant partagé leurs expériences concernant aussi bien les cyclones, les inondations et les glissements de terrain que les sécheresses, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et les pressions liées à l'urbanisation rapide.
Pour le Global Cities Hub, un message revêtait une importance particulière : l’initiative « Reconstruire en mieux » est avant tout une question de gouvernance — et donc de gouvernance urbaine dans un monde qui s’urbanise de jour en jour.
Le Cadre de Sendai revêt une importance particulière pour les collectivités locales et régionales (CLR) car, contrairement à de nombreux instruments internationaux, il reconnaît explicitement leur rôle dans la réduction des risques de catastrophe. Les CLR ne sont pas simplement des parties prenantes à consulter : elles ont des responsabilités, des capacités et des pouvoirs décisionnels qui influencent directement les risques de catastrophe. Bon nombre des décisions qui déterminent si le risque augmente ou diminue sont prises au niveau local : aménagement du territoire, développement urbain, réglementation en matière de construction, infrastructures, logement et services publics. Et lorsqu’une catastrophe survient, ce sont les collectivités locales et régionales qui sont en première ligne pour intervenir et mener les opérations de relèvement.
L'expérience de la ville de Sendai, au Japon, à la suite du grand séisme et du tsunami de 2011 dans l'est du Japon, illustre ce que cela peut signifier concrètement : la reconstruction n'a pas simplement consisté à remplacer ce qui avait été détruit, mais aussi à réduire la vulnérabilité future grâce à des défenses physiques plus solides, à des délocalisations lorsque cela s'avérait nécessaire, à des infrastructures résilientes et à des investissements dans la préparation des communautés. Le travaux menés actuellement par la CEE-ONU en collaboration avec les villes de Kharkiv et de Mykolaïv en Ukraine Cela nous enseigne une autre leçon importante : la relance et la reconstruction peuvent, et doivent, être planifiées avant le début des travaux de reconstruction, en intégrant la résilience, les espaces publics, les infrastructures et la qualité de vie dans le processus de planification.
Le message du GCH aux États membres est donc simple : Collaborez dès maintenant avec vos villes et vos régions, avant que la prochaine catastrophe ne se produise. Mettre en place les cadres juridiques et financiers nécessaires à la reprise. Clarifier les responsabilités. Élaborer à l'avance des plans et des principes de reprise. Et veiller à ce que les collectivités locales participent à cette préparation et soient en mesure de dialoguer avec leurs communautés.
Cela dit, les États membres ont également un rôle à jouer au niveau international.Les collectivités locales et régionales (LRG) ont besoin d’un espace plus officiel au sein de la gouvernance mondiale des risques de catastrophe, non seulement pour être reconnues dans les cadres internationaux, mais aussi pour faire valoir leur expérience, leurs défis et leurs solutions dans les débats qui façonnent ces cadres. Car, en fin de compte, donner davantage voix au chapitre aux villes et aux régions ne se résume pas à une simple question d’inclusion. Il s'agit de faire en sorte que la réduction des risques de catastrophe et l'initiative « Reconstruire en mieux » profitent davantage à tous.
📸 Frederick Shaw sur Unsplash
